L'IA et l'authenticité d'une plume
2026-10-08
Un organisme qui promeut l’art et la participation citoyenne doit éviter l’IA dans sa production écrite et graphique. Mais l’IA nous habite-t-elle déjà ? A-t-elle commencé à nous infecter de ses tics langagiers ? C’est ce que nous dit Nadia Guerouaou, chercheuse en neurosciences, citée dans un article du Nouvel Observateur daté du 5 octobre. Notre écriture serait déjà sous influence. Donc, non seulement l’IA pige dans l’immense catalogue des écrits humains, mais elle s’y inscrit comme un nouveau joueur. Nous sommes en période de transition entre l’authenticité humaine et la fabrication algorithmique. D’ici à ce que l’être humain soit modifié lui-même pour intégrer un agent IA, cette période de transition est pénible à vivre.
Sous influence. J’avoue que le choc causé chez moi par la révélation de la tricherie d’Orélien m’a menée tout droit à un sentiment de perte de contrôle. Qui écrit, quand j’écris ? À combien de textes contaminés ai-je été exposée ?
Toute œuvre est l’œuvre de bien d’autres choses qu’un auteur, écrivait Paul Valéry. Il ne croyait pas si bien dire. L’auteur pige à sa façon, de façon consciente ou inconsciente, imite un style qu’il aime le temps de définir le sien, il lui arrive malheureusement de carrément plagier sans toujours se faire prendre. Le plagiat se détecte plus vite de nos jours. Le rôle joué par l’IA aussi, mais les pistes seront de plus en plus brouillées.

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